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Rencontre avec Sophie Wilford (EMBA EDHEC 2020), fondatrice de See My Vet

Written on 30 novembre 2020.


Le pitch Seemyvet ?

Seemyvet est une plateforme de télémédecine vétérinaire qui vise à mettre en relation à distance les vétérinaires et les propriétaires des animaux, et les vétérinaires entre eux.

C’est une plateforme qui permet de centraliser, sécuriser et valoriser le conseil et le suivi du vétérinaire.

 

Comment est née cette idée ?

Je suis vétérinaire et j’ai travaillé sur le terrain pendant presque 10 ans. J’étais confrontée à plusieurs problématiques donc une qui était plutôt saillante : je passais beaucoup de temps à conseiller, et ce temps passé n’était que très peu valorisé. C’est un constat partagé par mes confrères et qui est d’autant plus fort aujourd’hui avec la multiplication des réseaux, et donc des points de contacts : une augmentation certaine de la charge mentale du vétérinaire.

 

Est-ce que tu as toujours eu envie de créer ton entreprise ?

Je revendique justement qu’il ne faut pas nécessairement avoir une âme d’entrepreneur pour en devenir un. Quand on me demandait si je souhaitais avoir ma propre clinique vétérinaire, je répondais que ma situation de salariée me convenait parfaitement.

Finalement, j’ai quitté la profession vétérinaire et j’ai passé 5 ans en entreprise pharmaceutique. Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à développer cette fibre entrepreneuriale : j’étais de plus en plus en charge de projets, j’avais des idées qui commençaient à naître…

Puis j’ai eu la chance de faire un MBA EDHEC pendant lequel j’ai étoffé mes compétences en finance, marketing mais également mes soft skills. Cela m’a permis de développer mon côté manager, leader, ce qui m’a donné confiance et a nourri ma fibre entrepreneuriale.

Cela a été un véritable parcours pour moi.

 

L’équipe Seemyvet ?

Il y a une super équipe, dont je suis très fière ! Nous sommes très complémentaires.

Romain est un développeur extraordinaire, j’ai eu la chance de le rencontrer dans un meet-up entre CEO et CTO. Ça a tout de suite collé, on a passé du temps à apprendre à fonctionner ensemble avant de signer un pacte d’associés. Je suis très heureuse de l’avoir à bord.

Séverine est remarquable également. Nous avons travaillé ensemble au sein de l’entreprise pharmaceutique. Elle est en charge du marketing et de la communication pour See my Vet. Personnellement, j’aurais de plus en plus la responsabilité de la partie commerciale du marketing.

 

Qui sont tes premiers clients ?

Comme c’est une plateforme tech, il faut commencer par la faire tester. Nous avons toujours voulu développer quelque chose en phase avec les clients, et ne pas se dire « on a une super idée, on la développe pendant des mois et on propose au marché une version 100% finalisée ». Nous travaillons donc avec des bêta testeurs : on a 14 vétérinaires dans 10 cliniques à qui on soumet nos avancements sur la plateforme.

Nous n’avons pas encore vendu la plateforme. Notamment parce que l’on a dû abandonner toute une première version. Ce que l’on ne regrette pas car cela nous a permis de nous réorienter et d’avoir un produit beaucoup plus adapté au besoin de notre cible.

En revanche, on a reçu des promesses de ventes en dehors des bêta testeurs, qui ont entendu parler de Seemyvet, ils sont prêts à s’engager dès que la plateforme sera lancée (à partir de Janvier 2021)

 

Comment gérez-vous la crise sanitaire ?

La crise sanitaire a clairement impacté sur notre activité depuis le début. J’ai commencé le développement de See My Vet en février 2020, au moment où la crise sanitaire a imposé à tous le pays un premier confinement. J’étais donc seule sur mon projet, sans contact social pendant une période où tout était ralenti. Les vétérinaires étaient très sollicités, ils étaient très peu disponibles pour s’impliquer dans le projet. Pour toutes ces raisons-là, c’était assez compliqué.

Cependant, il y a eu du positif. En effet, la crise sanitaire a permis d’engager une vraie réflexion de la profession sur un potentiel de la télémédecine.

J’ai également profité de cette période moins « propice » au business pour mieux connaître mon future associé, Romain, et concrétisé son intégration en tant que CTO.

Après avoir connu une véritable période d’ébullition en équipe à Station F en septembre- Octobre, la deuxième vague ralentit à nouveau nos avancements, mais nous gardons le cap !

 

Au-delà de la crise actuelle, quelle est ta vision de ton secteur d’activité ?

J’ai une vision très positive. Notre mission est vraiment d’améliorer le quotidien du vétérinaire :  la plateforme va faciliter leur communication, tout centraliser donc diminuer leur charge mentale, cela permettra d’accompagner les jeunes sur le terrain…

Le métier de vétérinaire fait partie du top 10 des métiers à suicide. Peu de personnes le savent, parce que c’est un métier de passion, mais c’est un métier qui est de plus en plus compliqué.

Il y a 80% de femmes dans la profession aujourd’hui, la profession se féminise et il faut s’adapter à leurs contraintes. Il y a encore un écart salarial de 19% dans la profession… C’est une profession en souffrance et notre mission est d’en améliorer le quotidien.

Finalement, il y aura toujours des animaux et il faudra toujours les soigner. Et la seule façon pour qu’ils soient bien soignés, c’est de prendre soin également des vétérinaires.

Tout comme nos soignants actuellement en souffrance : pour qu’ils continuent de prendre soin de nous, il faut s’occuper d’eux. (à garder ?)

Il y a énormément de choses à faire dans notre secteur. Donc au-delà du Covid et des difficultés que cela amène, je suis très enthousiaste et positive par rapport à notre mission, ce que l’on peut faire et comment le secteur peut évoluer.

 

Peux-tu nous parler du programme EDHEC Entrepreneurs à Station F ?

J’ai eu la chance d’avoir la première porte ouverte sur le programme EDHEC Entrepreneurs et un accompagnement dès que j’ai eu l’idée de See my Vet. A ce moment-là, l’encadrement proposé m’a mise sur la bonne voie. Nous avons travaillé notre projet dans le but de nous présenter au Pitch test et d’intégrer Station F.

Station F, c’est 100 fois plus que ce que j’imaginais ! C’est un écosystème qui permet de rencontrer des personnes très enrichissantes intellectuellement et émotionnellement. Tout le monde travaille dans la même direction pour des entreprises très diversifiées. Toutes les personnes que j’ai rencontrées là-bas, peu importe leur secteur, m’ont enrichie d’une manière ou d’une autre.

Le mentoring est une ressource clef : si nous sommes confrontés à une problématique ou à des besoins, il y a toujours une personne ou une ressource pour nous aider.  Cela nous a catapulté des kilomètres en avant par rapport où on était !

 

Est-ce que tu aurais un message à transmettre aux Executive MBA qui aimeraient se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Pour moi il n’y a pas de cul-de-sac, il n’y a pas de voie de garage, on peut toujours faire demi-tour. On peut faire demi-tour même si on est engagé sur une voie, il y a d’autres chemins à prendre. On peut reculer.

Mon message est le suivant : engagez-vous, prenez le risque, rien n’est acté et on peut toujours revenir sur sa décision, changez un peu, changez beaucoup. Vous n’aurez pas de regret. Même si vous avez une toute petite idée, prenez le risque d’en parler ! Mais donnez-vous la chance de ne pas regretter.

 

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